Devis & vente
Rapport d'étude solaire client : contenu attendu (installateur)
Ce qu'un rapport d'étude solaire remis au client doit contenir pour être crédible et défendable : hypothèses, PVGIS, autoconsommation, aides datées, réserves.

Le rapport client, page publique de la maison témoin.
L’essentiel
- Un rapport d'étude défendable expose ses hypothèses avant ses résultats : consommation retenue et sa provenance, géométrie du toit et sa source, base d'irradiation, pertes système, masques.
- La production doit citer PVGIS (base SARAH, valeur de pertes retenue, par défaut 14 %) et la géométrie réelle ; le taux d'autoconsommation doit indiquer sa méthode, profil horaire ou ratio forfaitaire.
- Chaque aide est datée et conditionnée : prime à l'autoconsommation au barème du trimestre, tarif d'achat en vigueur à la date de la demande de raccordement, TVA à 5,5 % sous conditions.
- Le rapport ne promet rien : ni rendement garanti, ni aide garantie, ni prix de l'électricité futur ; il présente des scénarios et des plages d'incertitude, ce qui le protège au titre des pratiques commerciales trompeuses.
- Trois documents pour trois lecteurs : un rapport client court, un rapport technique pour le chantier et le Consuel, un rapport financier pour la décision et le banquier.
Le rapport d'étude est le document que le client relit après votre départ, montre à son conjoint, transmet à sa banque et, en cas de litige, à son avocat. Il est crédible s'il expose ses hypothèses avant ses résultats et s'il cite ses sources ; il est défendable s'il ne promet rien de ce qu'il ne maîtrise pas. La DGCCRF relève encore, dans le secteur, des promesses de rentabilité et des aides présentées comme acquises : ce sont précisément les points qui font condamner. Voici ce que le rapport doit contenir, ce qu'il doit éviter et comment l'organiser selon le lecteur.
Les hypothèses avant les résultats
Un résultat sans hypothèse n'est pas vérifiable. La première page utile du rapport, après le résumé, liste ce qui a été retenu et d'où cela vient.
La consommation
Indiquez la consommation annuelle retenue en kWh, sa source (factures des douze derniers mois, relevé Linky, déclaration du client, estimation par profil) et, si vous disposez d'une courbe de charge, sa période. Précisez les usages qui pèsent sur le profil : chauffage électrique, ballon d'eau chaude, pompe à chaleur, véhicule électrique, piscine. Une consommation « estimée à 6 000 kWh » sans source vaut moins qu'une consommation « 5 420 kWh, facture du fournisseur, avril 2025 à mars 2026 ».
La géométrie
Surface, pente et azimut de chaque pan retenu, et leur source : relevé sur site, nuage de points LiDAR HD de l'IGN avec la date d'acquisition, ou orthophoto. Nombre de modules, référence, puissance unitaire et puissance crête totale, avec le plan de calepinage.
L'irradiation et les pertes
Nommez la base de données : PVGIS avec la base satellite SARAH (série 2005-2020 pour SARAH-2, plus récente pour SARAH-3), ou une autre source si vous en utilisez une. Indiquez la valeur de pertes système retenue. PVGIS propose 14 % par défaut pour couvrir câblage, onduleur, salissure et vieillissement ; si vous retenez moins, justifiez (onduleur récent, câblage court, nettoyage).
Les masques
Distinguez l'horizon lointain (relief, pris en compte par PVGIS à partir d'un modèle de terrain) et les masques proches (arbres, bâtiments voisins, cheminées), qui ne sont pas dans PVGIS et doivent être calculés à part. Indiquez la méthode et la perte estimée, et signalez la réserve sur la végétation saisonnière.
La production : chiffrée, sourcée, encadrée
Le chiffre central est la production annuelle en kWh et le productible en kWh par kWc. Présentez-le avec son mois par mois, parce que c'est ce qui explique au client pourquoi novembre ne ressemble pas à juin. Deux précautions le rendent défendable :
- une plage plutôt qu'une valeur unique. L'irradiation varie d'une année à l'autre ; PVGIS fournit la variabilité interannuelle de la série. Afficher « 7 100 kWh, plage 6 600 à 7 500 selon l'année » est plus honnête qu'un « 7 100 kWh » nu ;
- une dégradation dans le temps. Les fiches fabricants garantissent une puissance décroissante (souvent autour de 0,4 à 0,55 % par an selon les technologies, à reprendre de la fiche du module proposé) ; le rapport l'applique aux années suivantes au lieu de répéter la production de l'année 1 sur 25 ans.
Si l'outil calcule à partir de la géométrie 3D et d'un profil d'horizon mesuré, dites-le : c'est un argument de précision, mais seulement si la méthode est écrite.
Le taux d'autoconsommation et sa méthode
C'est le chiffre le plus contesté parce qu'il est le plus sensible. Un rapport sérieux indique la méthode :
| Méthode | Ce qu'elle vaut | Ce qu'il faut écrire |
|---|---|---|
| Ratio forfaitaire (par exemple « 35 % pour une maison occupée le soir ») | ordre de grandeur, aucune valeur probante | « estimation forfaitaire, non mesurée » |
| Profil horaire type croisé avec la production horaire | résultat cohérent, dépend du profil choisi | nom du profil, hypothèses de présence et d'usages |
| Courbe de charge réelle (Linky, 30 min) croisée avec la production horaire | la meilleure base disponible | période de la courbe, traitement des jours manquants |
Ajoutez le taux d'autoproduction (part de la consommation couverte par le solaire), souvent confondu avec l'autoconsommation, et montrez ce qui les fait bouger : pilotage du ballon d'eau chaude en journée, recharge du véhicule, batterie. Un tableau à deux ou trois scénarios (sans pilotage, avec pilotage, avec batterie) vaut mieux qu'un chiffre unique.

Les aides et les tarifs, datés et conditionnés
Chaque montant lié à une aide doit porter trois informations : sa valeur, sa date de référence et sa condition d'obtention.
- Prime à l'autoconsommation : montant par kWc au barème du trimestre en cours, en précisant que le barème est révisé chaque trimestre et que la valeur applicable est celle en vigueur à la date de la demande complète de raccordement, règle à confirmer dans l'arrêté tarifaire en vigueur.
- Tarif d'achat du surplus : même logique, avec la durée du contrat d'obligation d'achat.
- TVA à 5,5 % : rappelez les conditions (puissance ≤ 9 kWc par opération, équipements conformes à l'arrêté, installateur qualifié) et la conséquence si elles ne sont pas remplies (20 %).
- Aides locales : nom de la collectivité, référence de la délibération, date limite et cumul ou non avec les dispositifs nationaux.
Le rapport indique également le prix TTC du projet tel qu'il figure au devis, ou renvoie explicitement au devis daté. Un prix qui diffère entre rapport et devis est un motif de contestation.
Temps de retour, scénario batterie, incertitudes
Le temps de retour est une conséquence des hypothèses, jamais une donnée. Affichez celles qui le déterminent : prix du kWh acheté à la date du rapport, hypothèse d'évolution annuelle de ce prix (une plage, par exemple deux scénarios), taux d'autoconsommation retenu, revenu du surplus, dégradation des modules, coût de remplacement de l'onduleur dans la durée, entretien. Présentez le résultat en années avec sa plage, et le gain cumulé à 20 ou 25 ans avec la même prudence.
Le scénario batterie mérite une section à part : capacité utile, nombre de cycles garanti, gain d'autoconsommation calculé (et non supposé), coût, et le verdict chiffré. Beaucoup de rapports évitent la question ; la traiter honnêtement, y compris quand la batterie ne se justifie pas, renforce la crédibilité du reste.
Terminez la partie financière par un paragraphe d'incertitudes : météo interannuelle, comportement du foyer, évolution des tarifs, réserve sur les masques végétaux. Ce paragraphe n'affaiblit pas le rapport, il le protège.

Ce que le rapport ne doit pas promettre
Les pratiques commerciales trompeuses (art. L121-2 du code de la consommation) portent sur les allégations fausses ou de nature à induire en erreur sur les résultats attendus. Dans un rapport solaire, cela vise :
- un rendement ou une production garantis : la production dépend de la météo, l'installateur ne la garantit pas ; seule la puissance crête du matériel et sa garantie fabricant sont contractuelles ;
- des aides « garanties » ou « acquises » : la prime dépend d'une demande de raccordement complète et de la qualification, le tarif d'achat d'un contrat avec l'acheteur obligé, la TVA réduite de conditions précises ;
- un prix futur de l'électricité présenté comme certain ;
- une économie annuelle affichée comme un gain acquis plutôt que comme un scénario ;
- un temps de retour sans hypothèses.
Un vocabulaire simple règle la question : « estimé », « scénario », « sous réserve de », « au barème en vigueur le … ». Et le rapport indique en première page qu'il s'agit d'une étude prévisionnelle qui ne constitue pas un engagement contractuel, l'engagement étant le devis.
Court ou long, et pour quel lecteur
Le client lit deux pages ; le technicien de chantier en lit dix ; le banquier en lit une. Produire un seul document pour les trois échoue avec les trois. Une organisation qui fonctionne :
| Document | Lecteur | Contenu | Longueur |
|---|---|---|---|
| Rapport client | le foyer | résumé, image du toit calepiné, production annuelle et mensuelle, autoconsommation, aides datées, prix, temps de retour en plage, incertitudes | 4 à 6 pages |
| Rapport technique | poseur, bureau de contrôle, Consuel | géométrie, calepinage coté, chaînes et MPPT, schéma unifilaire, protections, fixation et zone de vent, références du matériel, plan de raccordement | 8 à 15 pages |
| Rapport financier | le client qui décide, la banque | flux annuels sur 20 à 25 ans, scénarios de prix, batterie, sensibilité au taux d'autoconsommation, hypothèses listées | 3 à 5 pages |
Les trois partagent les mêmes hypothèses et les mêmes chiffres ; seule la profondeur change. Un outil qui génère les trois depuis une même étude évite les écarts entre documents, ce qui est le premier motif de perte de confiance quand un client compare. Kaelo produit le rapport client, le rapport technique et le rapport financier depuis la même simulation, avec les hypothèses et la date des barèmes reprises dans chacun.
Ce qu'il faut retenir
- Les hypothèses (consommation et sa source, géométrie et sa source, base d'irradiation, pertes, masques) précèdent les résultats et rendent le rapport vérifiable.
- La production cite PVGIS et ses paramètres, s'affiche en plage avec la variabilité interannuelle et intègre la dégradation ; le taux d'autoconsommation indique sa méthode.
- Chaque aide porte sa valeur, sa date de référence et sa condition ; le prix du rapport est celui du devis.
- Rien n'est garanti hors le matériel : production, aides, prix de l'électricité et temps de retour sont des scénarios, dits comme tels, ce qui protège au titre de l'article L121-2.
- Trois documents pour trois lecteurs, issus des mêmes hypothèses : client (court), technique (chantier), financier (décision).
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Créer mon compte gratuit Voir les fonctionnalitésQuestions fréquentes
Faut-il joindre le fichier PVGIS brut au rapport ?
Ce n'est pas obligatoire, mais citer les paramètres saisis (coordonnées, inclinaison, azimut, pertes, base de données, horizon) et la date de la simulation suffit à rendre le résultat reproductible. Si l'outil recalcule à partir de la géométrie 3D, indiquez la source de cette géométrie et la méthode d'ombrage.
Quel taux d'autoconsommation afficher sans courbe de charge du client ?
Utilisez un profil horaire type (résidentiel, présence en journée ou non, ballon d'eau chaude) et dites-le. Présentez une plage plutôt qu'une valeur unique, et indiquez ce qui la ferait varier : pilotage du ballon, véhicule électrique, batterie.
Peut-on indiquer un temps de retour sur investissement dans le rapport ?
Oui, à condition d'afficher les hypothèses de prix de l'électricité et de leur évolution, la dégradation des modules, le coût de remplacement de l'onduleur et le taux d'autoconsommation retenus. Une plage (par exemple avec deux scénarios de prix) est plus honnête et plus crédible qu'une année unique.
Sources
- JRC – PVGIS, sources de données et méthodes de calcul
- JRC – PVGIS, manuel utilisateur (pertes système, horizon)
- DGCCRF – Pratiques déloyales et trompeuses dans le secteur des énergies renouvelables
- BOFiP – BOI-TVA-LIQ-30-20-97 (TVA 5,5 % équipements photovoltaïques ≤ 9 kWc)
- IGN – Programme LiDAR HD
- photovoltaique.info – Tarifs d'achat et prime à l'autoconsommation (barèmes trimestriels)